La communication assertive à l’intérieur du couple
Voici mon second billet sur la communication. J’avais discuté de ce sujet dans mon billet de février 2025. Dans un tableau que j’avais créé, j’avais supposé que mon rôle d’époux et de chevalier servant auprès de ma reine me donnait le droit d’utiliser la communication assertive auprès d’elle. Déesse Jeanne (www.deesssejeanne.com) avait alors apporté des précisions en ce sens. Dans le contexte de la soumission, la communication assertive doit se limiter à négocier mes limites et à trouver un équilibre entre mes désirs et ma condition de mâle soumis. Elle ne doit pas servir à imposer mes idées, mais à exprimer mes pensées et mes sentiments de manière claire et respectueuse.
Au début du mois, ma Déesse a apporté de nouvelles précisions : « Ton âme soumise m’appartient, mais ta hiérarchie professionnelle et sociale appartient à ta femme. L’assertivité, pour toi, n’est pas de faire valoir ta volonté, mais de faire valoir la volonté du couple incarnée par ta Reine ». Voici concrètement comment elle veut que j’applique cette directive :
- Avant toute prise de position engageant une négociation ou une décision importante (avec un subordonné, un client, un fournisseur), je dois d’abord soumettre ma stratégie à ma Reine.
- Je dois mettre de côté mes opinions et demander quelle position je dois défendre.
- Il me faut adopter sa décision, sans la remettre en question.
Comme il me faut négocier dans le cadre de mon travail, mais aussi entretenir un minimum de relations sociales, développer mes compétences en matière de communication assertive demeure un atout. J’ai eu l’occasion de lire un livre qui offre des moyens pratiques en ce sens : s’affirmer pour changer, par Jean-François Vallée. Les prochaines sections de ce billet sont une synthèse des techniques préconisées par F. Vallée.
Les quatre piliers de la communication
1. Observer ce qui se passe en soi, sans évaluer l'autre.
Exemple : « Je me suis senti humilié et en colère en constatant qu’elle ne me demandait
pas mon avis » est une observation. En revanche, « elle est tyrannique » est
une évaluation subjective.
2. Exprimer ses sentiments
Il faut utiliser le "je" et éviter les expressions vagues (se sentir
triste est un sentiment précis, alors que se sentir mal est vague). Il faut
également éviter les adjectifs qui dénotent une interprétation du comportement
de l'autre (exemple : je me sens ignoré par). Nous sommes responsables de nos
propres sentiments, et c'est ainsi qu'il faut l'exprimer.
3. Exprimer ses besoins
Les besoins et les sentiments sont souvent intimement liés. Certains sentiments
témoignent du degré de satisfaction ou d'insatisfaction de vos besoins.
Reconnaître le lien entre les deux permet de ne pas faire porter à l'autre le
poids de nos sentiments, donc de ne pas le culpabiliser.
4. Demander
Il faut exprimer nos demandes le plus concrètement et le plus clairement possible. Par exemple, « j'aimerais faire connaissance » est une demande vague, mais « accepteriez-vous de dîner avec moi ? » est une demande claire.
L’empathie
Appliqués à autrui, ces quatre piliers font appel à l'empathie. L'empathie consiste à focaliser son attention sur ce que l'autre exprime, à s'assurer qu'on l'a bien compris (par exemple en utilisant des paraphrases) et à lui consacrer le temps nécessaire. Il n’est pas question de prodiguer des conseils, de se défendre ou de faire l'éducation de l'autre. Il s'agit d'observer ce qui se passe en l'autre, d'accueillir ses sentiments, ses besoins et ses demandes. Demander à l'autre des informations sur lui-même et sur ses expériences nous rapproche et facilite la communication.
Les trois étapes du processus d'affirmation de soi :
1. Écrire un journal.
S'analyser soi-même est une étape indispensable pour progresser vers l'assertivité. Écrire est une excellente façon de rendre objectifs des états subjectifs, de prendre du recul.
1.1. Mesurer notre anxiété.
Consigner d'abord dans notre journal le phénomène d'anxiété. En parallèle,
évacuer la tension par des exercices de relaxation.
L'anxiété est l'un des facteurs qui nous empêchent de nous affirmer. Elle se
manifeste dans nos comportements (inertie, évitement, etc.), dans notre
psychologie (confusion, déconcentration, etc.), ainsi que de manière physique
et émotionnelle (tension, inconfort, épuisement, etc.). L’écriture pourra nous
aider à distinguer l'interprétation subjective (l'anxiété) de la situation (l'élément
anxiogène, le facteur de stress).
1.2. Traquer nos pensées enfouies
Sans même s'en rendre compte, nous justifions notre incapacité à s'affirmer par
des pensées irrationnelles et automatiques. Par exemple, on peut s'imaginer que
dire ce que l'on pense va amener l'autre à ne plus nous aimer. Ces pensées
inconscientes remontent souvent à l'enfance et ne sont pas faciles à
identifier. Pour cette raison, lorsqu'on peine à nous affirmer, il est bon de
noter nos réactions et de nous demander d'où elles viennent.
À chaque pensée irrationnelle correspond une pensée alternative, bien plus
fidèle à la réalité, à laquelle nous pouvons accéder en nous posant les
questions suivantes :
« Pourquoi ? » (Par exemple, pourquoi ne m'aimera-t-elle plus si je dis cela ?)
« Quelles seront les conséquences ? »
2. Anticiper les résistances
2.1. Être conscient de vos relations à autrui
Nous évoluons dans des relations symétriques (égalitaires) et complémentaires
(hiérarchiques). Ces relations peuvent être faussées. Dans une relation
pseudo-symétrique, l'autre est en rivalité. Dans une relation
pseudo-complémentaire, l'autre domine et rend dépendant. Il faut observer les
signaux que l'autre nous envoie (Est-il à l’aise? Fait-il preuve de timidité ?)
et déceler ses stratégies (Veut-il m’influencer? Cherche-t-il à entrer dans mes
bonnes grâces ?). Il est important de poser des questions pour savoir ce que
l'autre attend de nous.
2.2. Prévoir la réaction de l'autre.
Il faut s'attendre à ce qu'il réagisse à votre assertivité, surtout si on a pris l'habitude de s'effacer. Il faut donc réfléchir à la façon dont on va amortir notre refus, sans pour autant l'affaiblir (le « Non, mais... »). L'idée est de contrebalancer notre refus, par une proposition qui vise à l’adoucir. Dans cette optique, William Ury et Roger Fisher ont développé la technique MESORE (meilleure solution de Rechange).
Les formules d'introduction peuvent s'avérer pratiques, car notre opposition paraîtra
moins frontale (par exemple : « Je vous comprends, mais... »). Terminer par un
message positif (par exemple : « je suis content que vous m'ayez écouté »).
Lorsqu'il s'agit d'un refus, il faut être clair, pour éviter d'être
inconsistant. Voici des questions qui peuvent aider à motiver une décision et
permettre d'affermir un refus aux yeux des autres : qu'est-ce que qui est
pour moi inacceptable? Qu'est-ce que je ne veux absolument pas ? Qu'est-ce qui
est contraire à mes intérêts ?
3. S'affirmer
La capacité à dire "non" est centrale dans l'assertivité. Cependant,
elle consiste aussi à offrir des compromis et des solutions de rechange. Il
existe différentes techniques pour nous aider à nous affirmer. L'idéal est de
les combiner.
3.1. Technique du disque rayé
Répéter notre réponse face à un interlocuteur insistant, jusqu'à ce qu'il nous
entende vraiment.
3.2. Technique de l'écran de brouillard
Camper sur ses positions, en faisant mine d'accepter les critiques et les
reproches.
3.3. Technique de l'enquête négative
Cette technique est très intéressante lorsqu'on veut s'affirmer face à des
reproches infondés. Elle consiste à demander si le reproche adressé est le
seul, de reconnaître son éventuelle responsabilité sur certains points (afin de
détendre l'interlocuteur) et de revenir ensuite au premier reproche infondé en
défendant son point de vue. Si les accusations persistent, on suggère à la
personne de mener sa propre enquête.
3.4. L'affirmation négative
Si les reproches sont fondés, il suffit de reconnaître que l’autre à raison et
d’expliquer pourquoi nous ne pouvons pas accéder à sa demande.
S'évaluer :
En terminant, Jean-François Vallée propose de s’autoévaluer en passant le test de Rathus. Ce test peut être fait à plusieurs reprises pour suivre notre progression.











